Hormones et cœur des femmes : mieux prévenir les risques

Par votre pharmacien
Hormones et cœur des femmes : mieux prévenir les risques

L’évolution des hormones féminines au cours de la vie

Les hormones sexuelles féminines, principalement les œstrogènes et la progestérone, jouent un rôle central dans le développement, la reproduction et le bien-être général. Leur production et leurs effets varient considérablement selon les grandes étapes de la vie. 

  • Enfance : une phase hormonale silencieuse  Pendant l’enfance, les hormones sexuelles sont pratiquement inactives, ce qui explique l’absence de développement sexuel. 

  • Puberté : mise en route du système hormonal  À la puberté, la production hormonale démarre progressivement, entraînant le développement des seins, l’apparition de la pilosité, la croissance corporelle et les premières règles. Les cycles menstruels sont alors souvent irréguliers, car le système hormonal est encore en phase d’ajustement. 

  • Âge adulte : équilibre et fertilité optimale  Entre 20 et 35 ans environ, l’équilibre hormonal est optimal. Les œstrogènes dominent avant l’ovulation et la progestérone après, permettant des cycles réguliers et une fertilité maximale. Ces hormones influencent aussi la santé de la peau, des os, du cœur et participent à la régulation de l’humeur. 

  • Grossesse : adaptation hormonale majeure  Pendant la grossesse, les taux d’œstrogènes et de progestérone augmentent fortement afin de maintenir l’embryon, soutenir le développement du fœtus et préparer l’organisme à l’allaitement grâce à l’action d’autres hormones comme la prolactine et l’ocytocine. 

  • Après 35 ans : début du déclin progressif  À partir de 35 ans environ, la production hormonale commence à diminuer progressivement. Les cycles peuvent devenir plus courts ou irréguliers, et la fertilité baisse peu à peu. 

  • Pré-ménopause et péri-ménopause : période de transition  Ces phases sont marquées par des fluctuations importantes des hormones, pouvant provoquer irritabilité, troubles du sommeil, douleurs, bouffées de chaleur et variations des règles. 

  • Ménopause : fin de la production hormonale ovarienne  La ménopause correspond à l’arrêt définitif de la production d’œstrogènes et de progestérone, confirmé après une année sans règles. Cette étape s’accompagne d’une vulnérabilité plus importante face aux déséquilibres cardiovasculaires, soulignant l’importance d’un suivi médical et d’un mode de vie adapté. 

Le rôle des hormones sexuelles dans la santé cardiométabolique des femmes

Les œstrogènes contribuent notamment à : 

  • Maintenir un profil lipidique favorable (HDL “bon cholestérol” élevé, LDL “mauvais cholestérol” limité) 

  • Réguler la sensibilité à l’insuline et le métabolisme du sucre  

  • Soutenir la santé des vaisseaux sanguins 

  • Limiter l’accumulation de graisse abdominale    La progestérone agit en synergie avec l’œstrogène pour maintenir la santé du cœur et des vaisseaux sanguins. 

      Les hormones sexuelles modulent la distribution des graisses corporelles, la sensibilité à l’insuline et la régulation lipidique. Après la ménopause, on observe une redistribution de la graisse vers la région abdominale, favorisant le syndrome métabolique et les déséquilibres cardiovasculaires.  Chez les femmes présentant un déséquilibre hormonal, ces altérations métaboliques sont souvent plus prononcées. 

Les conséquences de la baisse des œstrogènes à la ménopause

Le déséquilibre entre œstrogènes et progestérone durant la ménopause entraîne des conséquences spécifiques selon les zones du corps. Au niveau du cerveau, cela provoque une dysrégulation des neurotransmetteurs, particulièrement la sérotonine et le GABA. Ce déséquilibre hormonal engendre également des gonflements et des douleurs au niveau de la poitrine. Au niveau du thorax, on observe la perte de l’effet vasoprotecteur des œstrogènes pour le système cardiovasculaire. 

Pour la peau, la baisse de stimulation du collagène et de l’élastine entraîne un assèchement, des irritations ainsi qu'une perte d'élasticité. Au niveau de la vessie, l’atrophie œstrogéno-dépendante des muqueuses provoque des fuites urinaires et des envies pressantes. Enfin, pour le vagin et le périnée, la chute des hormones entraîne une baisse de la trophicité et de la vascularisation, ainsi qu'une perte de régulation du tonus musculaire. L'ensemble de ces modifications aboutit à un ralentissement métabolique et à un déséquilibre hormonal global.  

Une fragilité de l’humeur accrue 

Les œstrogènes influencent l’humeur en modulant les neurotransmetteurs, notamment la sérotonine, qui joue un rôle clé dans le bien-être. Ils ralentissent la recapture et la dégradation de la sérotonine, ce qui permet aux signaux nerveux d’agir plus longtemps.  Quand les œstrogènes diminuent à la ménopause, ces messagers chimiques restent moins longtemps disponibles. Le cerveau reçoit donc moins de signaux de « calme » ou de « plaisir », ce qui peut provoquer irritabilité, anxiété ou changements d’humeur. 

 Les bouffées de chaleur  

La chute des œstrogènes perturbe aussi le système de régulation de la température corporelle. Normalement, l’hypothalamus, le centre thermique du cerveau, maintient une zone de neutralité thermique grâce à l’équilibre entre sérotonine et noradrénaline.  À la ménopause, cette balance se rompt : le cerveau interprète de petites variations de température comme des écarts importants et déclenche des réactions fortes, comme sudation, bouffées de chaleur et accélération du rythme cardiaque. C’est pourquoi ces symptômes peuvent survenir même sans variation de température externe. 

Une redistribution des graisses 

La baisse des œstrogènes modifie profondément la manière dont le corps stocke les graisses. Avant la ménopause, les œstrogènes favorisent surtout le stockage sous-cutané, notamment au niveau des hanches, des cuisses et des fesses. Après la ménopause, la tendance s’oriente davantage vers une accumulation centrale et viscérale. 

Graisse autour du ventre (graisse viscérale) : 

  • S’accumule surtout en cas de stress 

  • Entoure les organes internes 

  • Plus difficile à utiliser pour produire de l’énergie  Graisse sous la peau (graisse sous-cutanée) 

  • Les œstrogènes favorisent ce type de graisse, qui est moins risquée pour la santé 

  • Sert surtout de réserve d’énergie et joue un rôle protecteur 

Ces changements corporels s’accompagnent parfois de douleurs articulaires, de perte de muscle ou d’os plus fragiles. Environ 70 % des femmes ménopausées rencontrent ces symptômes, et pour 25 % d’entre elles, ils peuvent vraiment gêner la vie quotidienne. 

Protéger son cœur et son métabolisme face aux fluctuations hormonales

Les variations hormonales, qu’elles surviennent à la ménopause ou à d’autres étapes de la vie, ont un impact direct sur la santé cardiovasculaire et métabolique. Elles favorisent la redistribution des graisses, la résistance à l’insuline, l’inflammation et la hausse de la tension artérielle, augmentant le risque de maladies cardiaques et métaboliques. 


Agir de manière préventive est essentiel. Arrêter de fumer, adopter une alimentation équilibrée riche en fibres, fruits, légumes et calcium, et pratiquer une activité physique régulière, combinant cardio et renforcement musculaire, permettent de limiter ces effets et de protéger le cœur et le métabolisme. 
Un suivi médical régulier est tout aussi indispensable : il permet de détecter tôt la prise de poids, l’hypertension ou les anomalies métaboliques, et d’intervenir avant que ces facteurs n’impactent durablement la santé. En combinant hygiène de vie et surveillance médicale, il est possible de préserver sa santé cardiométabolique face aux variations hormonales tout au long de la vie